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\setcounter{secnumdepth}{0}
\title{Atelier 2 : Éléments de cryptographie}
\author{Cycle d'ateliers Internet et vie privée}

\newsavebox{\fmbox}
\newenvironment{exemple}
 {\begin{center}\begin{lrbox}{\fmbox}\begin{minipage}{0.45\textwidth}}
  {\end{minipage}\end{lrbox}\fbox{\usebox{\fmbox}}\end{center}}

\begin{document}

\maketitle

\begin{multicols}{2}
\section{Introduction}

\subsection{Un peu d'histoire}

La cryptographie, selon le Larousse, est « l'ensemble des
techniques permettant de protéger une communication au moyen d'une
écriture conventionnelle secrète ». Elle est utilisée depuis
longtemps, et vous même avez sans doute déjà joué avec. Il y a plus
de 2000 ans, César utilisait déjà le « chiffre de César », qui
consiste à décaler les lettres d'un message d'un nombre de lettres
prédéfini.
\begin{quote}
Par exemple, en décalant les lettres d'un cran, \verb+Bonjour+ devient \verb+Cpokpvs+.
\end{quote}


La cryptographie a été beaucoup utilisée pour des applications
militaires à travers l'histoire. Pendant la seconde guerre
mondiale, les allemands utilisaient la machine Enigma pour chiffrer
leurs communications. En Angleterre, Alan Turing (mathématicien
anglais, un des fondateurs de l'informatique), participe à casser ce
code, en utilisant l'un des premiers ordinateurs.

Jusqu'en 1999 en France, la cryptographie est assimilée à une arme
de guerre, et son utilisation est interdite (seule les techniques
que les autorités peuvent casser sont permises). Puis, pour
permettre au commerce électronique de se développer, elle devient
autorisée. En revanche, son utilisation peut être considérée comme
une « circonstance aggravante ». De plus, le fait de refuser de
déchiffrer des messages secrets échangés peut entraîner une
condamnation à deux ans de prison et 30\,000~€ d'amende, cette peine
ayant été augmentée à trois ans d'emprisonnement et 45\,000~€ d'amende
en 2003 dans le cadre de la Loi sur la Sécurité
Intérieure.

\paragraph{Remarque} Si la preuve que j'avais préparé un attentat se trouvais dans un courriel que la police me sommait de déchiffrer, je pense que je
préférerais passer trois en en prison pour avoir refusé de donner
la clef, que ma vie en prison pour avoir préparé un
attentat.

\paragraph{Remarque} Ces lois sont relativement jeunes, et nous ne
savons pas exactement comment elles sont appliquée, puisque qu'il
n'y a pas vraiment de jurisprudence à ce sujet.

\subsection{Performances}

\subsubsection{ Fiables ?}

Les techniques anciennes de cryptographie (comme le chiffre de
César) sont pour la plupart facile à casser. En revanche, les
techniques modernes, que je vais vous présenter, sont considérées
comme « fiables ».

\emph{Qu'est-ce que j'entends par fiable ?}
\begin{itemize}
\item Premièrement, elles sont fiables \textbf{aujourd'hui}. Il est
possible que demain, quelqu'un trouve une manière de casser ces
méthodes. Dans ce cas, il pourra être capable, s'il a espionné des
conversations chiffrées, de les décrypter.\\Par exemple, la
protection des réseaux Wi-Fi nommée \emph{WEP} était considérée comme fiable à sa création. Nous
avons cassé une telle protection devant vos yeux la semaine
dernière.

\item Elles sont fiables si elles sont correctement utilisées : une porte
blindée est inutile si je laisse ma fenêtre ouverte, et un gilet
pare-balles ne protège pas grand'chose s'il n'est pas fermé.

\item Ces techniques sont fiable dans le sens où en théorie, il est
possible de décrypter un message chiffré sans posséder la clef, mais en pratique, le
temps que ça prendrait se compte en années, milliers d'années,
voire milliards d'années.
\end{itemize}

\subsubsection{ Source de fiabilité}
\paragraph{Principe de Kerckhoffs}
Une des forces de ces techniques est qu'elles sont connues de tous
: c'est ce qu'on appelle le principe de \emph{Kerckhoffs}. Par exemple, la technique RSA, que je vais vous présenter, est connue et utilisée depuis 25
ans. Avec quelques connaissances en programmation, il est possible
pour n'importe qui de faire un logiciel de cryptage utilisant ces
techniques.\\Cette méthode étant connue de tous, les spécialistes
du monde entier ont pu s'y intéresser, et chercher comment la
contourner, sans succès jusqu'à présent.\\Si tout le monde a accès
au mode de fonctionnement de ces techniques, d'où vient leur force
?

\paragraph{Factorisation d'entiers}
Cette force vient de problèmes mathématiques extrêmement difficiles
à résoudre. Le RSA, par exemple, repose sur la «~factorisation
d'entiers~».\\
Étant donné le nombre 12, il est simple de le décomposer
en $2\times2\times3$. De même, 111 est égal à $3\times37$. En
revanche, comment décomposer le nombre suivant, composé de 221 chiffres ?

1\ 063\,318\ 849\,029\ 258\,264\ 129\ 789\ 516\ 630\ 408\ 681\ 136\ 350\ 112\ 530\ 003\ 822\ 078\ 103\ 710\ 474\ 892\ 345\ 979\ 297\ 145\ 692\ 825\ 356\ 715\ 266\ 418\ 834\ 032\ 875\ 960\ 755\ 421\ 136\ 105\ 760\ 420\ 828\ 439\ 724\ 683\ 185\ 030\ 654\ 150\ 581\ 426\ 128\ 712\ 741\ 255\ 715\ 005\ 059\ 972\ 996\ 965\ 252\ 025\ 217\ 012\ 670\ 940\ 163\ 394\ 764\ 801

Le résultat et le produit des deux nombres premiers composés respectivement de 102 et 120 chiffres. Avec nos ordinateurs actuels, ce calcul serait beaucoup plus long qu'une vie humaine.

Ce problème de
factorisation de entiers est étudié depuis plus de 2000 ans par les
mathématiciens, et nous n'avons toujours pas trouvé de solution
pratique. La cryptographie RSA, par exemple, repose sur ce problème.

Notons que si un jour une personne résout le problème, il sera
possible, si les échanges chiffrés ont été enregistrés, de les
déchiffrer sans trop problèmes, ce qui signifie que beaucoup de
secrets militaires et commerciaux seront révélés à tous : en
d'autres termes, une sacrée pagaille.

\newpage
\section{Chiffrements}

\subsection{But du chiffrement}

Nous avons vu dans le précédent atelier qu'il est relativement
simple pour quelqu'un de mal intentionné de lire les communications
échangées par Internet entre deux personnes, ou d'usurper
l'identité de quelqu'un.

Dans la suite de l'atelier, nous allons étudier des chiffrements,
avec pour but de sécuriser des communications entre deux
interlocuteurs. Pas « sécuriser », j'entends : s'assurer que
personne d'autre que le destinataire du message n'est en mesure de le
lire, et assurer le destinataire que personne ne se fait passer pour
l'expéditeur pour délivrer le message. Ceci peut avoir pour cadre
un échange de courriels, ou la consultation d'un site web.

\subsection{Chiffrement symétrique}

La cryptographie symétrique est un type de méthode de cryptographie
dans lequel expéditeur et récepteur partagent une clef qui permet
de chiffrer et déchiffrer le message. Par exemple, le
chiffre de César, cité en introduction, est symétrique.

\begin{exemple}
Supposons que Bob veuille envoyer un message chiffré à Alice. Tous deux ont convenus d'une clef : le chiffre 2.

Bob écrit son message \verb+Bonjour+, qu'il chiffre avec cette clef en utilisant le chiffre de César (décalage de deux lettres) : \verb+Dqplqwt+.

Il envoie ce message chiffré à Alice, qui réalise l'opération inverse : à partir du message \verb+Dqplqwt+ qu'elle a reçu, elle décale les lettres de deux lettres en arrière, et obtient \verb+Bonjour+.
\end{exemple}

Nous n'étudierons pas dans le détail la technique de ce genre de
chiffrement, mais il est important de noter que des méthodes a
priori fiables (avec toutes les restrictions que j'ai appliquées à
ce mot) sont connues et utilisées.\\Un avantage de ces méthodes est
qu'il est rapide de chiffrer ou déchiffrer un message
(contrairement au RSA que nous verrons dans la partie
suivante).\\Comme inconvénients, nous pouvons citer :\begin{itemize}
\item Il faut
une nouvelle clef pour chaque couple émetteur/récepteur : si je
veux pouvoir échanger des messages cryptés avec ma sœur d'une part,
et un ami d'autre part, j'ai besoin d'une clef pour chaque, sans
quoi ma sœur pourra lire les messages que j'échange avec mon ami,
et inversement.
\item  Il faut que l'émetteur et le récepteur puisse
s'échanger de manière sûre cette clef.
\end{itemize}

Concrètement, ce chiffrage peut être utilisé en complément d'un
chiffrement asymétrique que nous allons voir maintenant.

Enfin, notons que c'est ce chiffrement symétrique qui est utilisé pour chiffrer des données (par exemple pour protéger tout le disque dur d'un ordinateur), pour éviter que d'autres personnes y aient accès sans notre accord.

\subsection{Chiffrement asymétrique}

Le principe du chiffrement asymétrique est qu'il existe deux clef :
une pour chiffrer le message, une pour le déchiffrer.
\begin{exemple}
Un cadenas illustre ce principe. Pour
chiffrer, il suffit de fermer le cadenas à la main. Pour
déchiffrer, il est nécessaire de posséder la clef.

Ce chiffrement est dit « asymétrique » car une information différente est nécessaire pour chiffrer et
déchiffrer.
\end{exemple}

Comme nous l'avons déjà expliqué, les bases mathématiques de cette
méthode de chiffrement sont la factorisation d'entiers, qui est un
problème extrêmement difficile, du moins pour le moment…\\Dans le
cas du RSA, la clef publique est un couple de nombres qui est
utilisé pour appliquer une opération mathématiques aux données à
chiffrer. La clef privée est un autre couple qui permet d'appliquer
la transformation inverse.

\subsubsection{Application au chiffrement}

Nous appliquons ce chiffrement à l'envoi d'un courriel chiffré :
ici nous voulons être capables d'envoyer un courriel que seul le
destinataire est capable de lire.

\paragraph{Première version}
Voici par un exemple une version simplifiée du fonctionnement.

\begin{exemple}
Bob souhaite envoyer un message chiffré à Alice, de manière à ce
que personne d'autre qu'Alice ne puisse lire le contenu.\\1. Alice
génère une paire de clés (cadenas ouvert = clef publique, clef =
clef privée). Elle met sa clef publique (cadenas ouvert) à
disposition de tous.\\2. Bob chiffre son message avec cette clef
publique.\\3. Bob envoie son message chiffré.\\4. Alice déchiffre
le message avec sa clef privée.

~\\
Si quelqu'un d'extérieur à ces deux personnes intercepte le message
(ce qui est très simple), et souhaite le lire, il a besoin de la
clef privée d'Alice. Il ne peut donc pas le déchiffrer.
\end{exemple}

\paragraph{Fonctionnement réel}
C'était une version simplifiée. En pratique, chiffrer le message
complet avec ce genre de chiffrement est trop long.

Ainsi, ce qui se passe en pratique, est que les deux interlocuteurs s'échangent une clef de chiffrement
symétrique, en utilisant le chiffrement asymétrique.

\begin{exemple}
\begin{enumerate}
\item Bob génère une clef pour faire du chiffrement symétrique.
\item Bob chiffre cette clef avec la clef publique d'Alice. Il obtient une clef chiffrée.
\item Bob chiffre son message avec la clef générée en 1. Il obtient un message chiffré.
\item Bob envoie son message chiffré, et la clef chiffrée.
\item Alice reçoit le tout. Elle déchiffre la clef chiffrée avec sa clef privée. Elle obtient la clef que Bob avait générée en 1.
\item Avec cette clef, elle peut enfin déchiffrer le message.
\end{enumerate}
\end{exemple}

Question importante : Comment s'assurer que je possède bien la
\emph{bonne} clef publique de mon destinataire, et que ce n'est pas
un usurpateur qui m'a fourni ne fausse clef publique pour pouvoir continuer d'intercepter mes messages ?

Une méthode est de vérifier l'intégralité de la clé de la main à la main. Il existe aussi des \emph{autorités} de certification auxquelles on
peut faire confiance pour garantir la provenance d'une clé, et enfin les
systèmes de « \emph{web of trust} ». Nous verrons ces dernières solutions plus tard dans l'atelier.
\subsubsection{Application à la signature}

Maintenant, nous allons appliquer ce même chiffrement asymétrique à
la signature numérique : comment certifier que je suis bien
l'auteur d'un message, et que personne n'a usurpé mon identité
?
\emph{Évidemment, il est possible d'utiliser la signature en même
temps que le chiffrement (que nous venons de voir). Mais pour
simplifier l'explication, nous supposons ici que le message est
envoyé en clair.}

L'analogie clef publique/privée avec le cadenas ouvert/clef est
utile, mais elle a ses limites. Une particularité utile de la paire
de clef publique/privée et que si, comme nous venons de le faire,
nous pouvons chiffrer avec la clef publique, et déchiffrer avec la
clef privée, il est aussi possible de faire l'inverse : chiffrer
avec la clef privée, et déchiffrer avec la clef publique. Pour
l'explication qui vient, la clef privée est donc le cadenas ouvert,
et la clef publique est la clef de ce cadenas, qui est accessible à
tous (elle est publique).

\paragraph{Version simplifiée}
Encore une fois, nous commençons avec une version simplifiée.

\begin{exemple}
Bob veut envoyer un message à Alice, en certifiant son identité.
\begin{enumerate}
\item Il se crée une paire de clefs.
\item Il chiffre son message avec sa clef privée.
\item Il envoie son message, ainsi que le message chiffré avec sa clef privée.
\item Alice reçoit les deux messages. Elle déchiffre le message chiffré avec la clef publique de Bob, et elle le compare avec l'autre message. Si c'est le même, elle est certaine que Bob en est l'auteur, puisque seul lui est capable de le chiffrer de la sorte.
\end{enumerate}
\end{exemple}

\paragraph{Fonctionnement réel}
En pratique, comme nous l'avons vu plus tôt, il serait trop lent de
chiffrer le message avec la clef privée. Nous n'allons donc pas
chiffrer le message, mais une empreinte de ce message.

Dans l'exemple qui suit, nous prenons comme empreinte le nombre de mots du message.
\begin{exemple}
Bob veut envoyer le message \verb+Comment vas tu ?+ à Alice.

Il l'envoie, avec comme signature le nombre de mot du message (ici 3). Cette signature est transmise de façon chiffrée, en utilisant le chiffrement vu dans la précédente partie.

Alice reçoit le message de Bob. Elle compte le nombre de mots, et le compare avec ce nombre qui a été envoyé, chiffré, comme signature. S'ils concordent, c'est que le message n'a pas été modifié.
\end{exemple}

En pratique, il est assez simple de faire un message qui a le même
nombre de mots qu'un autre, donc cette empreinte est mauvaise. Ce
n'était qu'un exemple. Nous utilisons donc une \emph{fonction de hachage}
plus complexe, telle qu'il soit \emph{en pratique} impossible de
fabriquer un message donnant une empreinte donnée.

De telles fonctions de hachage, comme le \verb+sha256+, sont telles qu'actuellement, il n'est pas possible, étant
donné le résultat du hachage (par exemple
\verb+cd66e8ddb3dae4b9d1bd038878f7628278b2c6d7+), de générer un fichier
ayant cette même empreinte.\\Ainsi, si l'empreinte du message telle
qu'envoyée par Bob, et celle qu'Alice a calculée à
partir de son message, concordent, Alice est sûre que personne n'a
usurpé l'identité de Bob.
\emph{Notons au passage qu'Alice est également sûre que le message n'a pas été modifié.}

Actuellement, les techniques de hachage utilisées couramment sont \verb+md5+, \verb+sha1+, \verb+sha256+, et \verb+512+. La première (\verb+md5+) a été cassé récemment (en 2008), et n'est donc plus fiable. elle continue néanmoins parfois à être utilisé, car tous les éditeurs de logiciel et de protocoles ne se sont pas encore adaptés.

\newpage
\section{Certificats}

Si je veux aller sur un site sécurisé (relever mon courrier sur un webmail par exemple),
comment puis-je utiliser les techniques de chiffrement et signature
vues précédemment ? Le cœur du problème réside à l'obtention de la
clef publique du site. Ensuite, la communication pourra se faire de
manière sécurisée en utilisant les techniques vues plus haut.\\Pour
ce faire, le site va m'envoyer sa clef publique. Comment être sûr
que c'est bien la clef publique de mon serveur de messagerie, et non pas celle d'un
autre ordinateur voulant se faire passer pour lui ?\\Je vais expliquer ici comment les autorités de
certification peuvent certifier que cette clef publique est la
bonne, et ainsi certifier que l'on communique bien avec la même personne.

\subsection{Mise en œuvre}
\begin{exemple}
Un client veut accéder au site \verb+https://webmail.no-log.org+.
\begin{enumerate}
\item Le client envoie une requête au serveur.
\item Le serveur renvoie un certificat, signé numériquement. Le certificat a été signé avec la clef privée d'une autorité de certification racine, dont la clef publique est intégrée au navigateur du client.
\item Le client fait quelques vérifications, à savoir :
  \begin{itemize}
  \item la signature du certificat est valide ;
  \item la date du certificat n'est pas dépassée ;
  \item le certificat se rapporte bien au site en cours.
  \end{itemize}
  \end{enumerate}
Ce certificat contient notamment la clef publique du site web. À partir de ce moment là, le client ayant la clef publique du serveur, c'est un classique échange de données sécurisées, comme vu dans la partie précédente, à savoir :
\end{exemple}
\begin{exemple}
\begin{enumerate}
\setcounter{enumi}{3}
\item Le client génère une clef de chiffrement symétrique, qu'il chiffre en utilisant la clef publique du serveur.
\item Le client envoie cette clef au serveur, avec sa requête, chiffrée avec cette clef.
\item Le serveur déchiffre cette clef symétrique avec sa clef privée.
\item Le serveur chiffre son message (le site web) avec cette clef symétrique, et l'envoie au client.
\item Le client déchiffre ce message avec la clef symétrique.
\end{enumerate}
\end{exemple}

Comment le site \verb+https://webmail.no-log.org+ a-t-il obtenu son certificat ? C'est la qu'interviennent les \emph{autorités de certification}. Ce sont des entreprises chargées de vérifier et certifier les identités d'acteurs de l'Internet.

Concrètement, le propriétaire d'un site voulant se faire certifier fournit à une autorité de certification les preuves de son
identité, ainsi que sa clef publique.\\L'autorité de certification
vérifie l'identité du demandeur, et crée un certificat (contenant
notamment l'identité du demandeur et sa clef publique), qu'il
signe, et l'envoie au demandeur.\\Le demandeur a donc en sa
possession un certificat signé par une autorité de certification
certifiant son identité et contenant sa clef publique.

Un exemple de certificat est donné en annexe, page \pageref{fig:certificat}.

\subsection{Faux certificats}
Petit problème concernant les certificats : ils utilisent pour le
moment le hachage \emph{md5} pour la signature, qui n'est plus
fiable. Ainsi, en 2008, des chercheurs ont utilisé cela pour
générer un faux certificat d'une autorité de certification, en utilisant la puissance de calcul de
200 PlayStation3. Du coup, tous les certificats signés par cette fausse autorité étaient faux.

Cela signifie qu'il est possible de casser toute
ce beau système que je viens de décrire.

Une solution est de remplacer le hachage \emph{md5} par un hachage plus puissant (comme le \emph{sha256}). C'est fait peu à peu, mais ce n'est pas encore systématique.

\subsection{Certificats auto-signés}
La certification auprès d'une autorité de certification coûte cher
; tous le monde n'a pas l'envie ou les moyens de payer un tel
certificat. Il existe donc des certificats auto-signés.\\Pour ces
certificats, le principe est que ce n'est pas une autorité de
certification qui signe le certificat, mais la personne qui
l'utilise.

Il est alors nécessaire de vérifier manuellement le certificat. Ceci sera expliqué dans un prochain atelier.

\subsection{Éthique}
Le but premier des autorités de certification n'est pas de
certifier des identités : c'est de faire de l'argent. Ces autorités
sont des entreprises privées, donc leur but est de gagner de
l'argent, en vendant comme service la certification d'identités. Mais vérifier une identité coûte cher.

Qu'est-ce qui nous
prouve qu'ils le font bien ? Encore une fois, c'est une question de
confiance… Leurs faites vous confiance ?\\On peut espérer que ne
serait-ce que pour maintenir leur activité, elles font bien leur
travail…

Il existe néanmoins une autorité de certification à but non
lucratif : \href{http://www.cacert.org}{CACert}, qui mise sur le \emph{web-of-trust}.

\vfill
\section{Web of trust}

Les certificats sont une réponse centralisée au problème de
certification de l'identité des acteurs d'Internet. Mais nous avons
vu que cette centralisation de l'autorité pose des problèmes.

Une autre idée est le web of trust. C'est une certification
a-centrée. Ici chaque participant participe à la certification
d'autres participants.

L'idée est que je fais confiance à un certain nombre de personnes
(des amis par exemple), et je signe leur clef publique avec ma clef
privée. Eux font de même avec ma clef publique : ils la signent
avec leur clef privée.\\Supposons que je veuille communiquer avec
un nouvel acteur, dont je ne possède pas la clef publique. Je
télécharge sa clef publique, qu'il me propose, et je télécharge
aussi sa clef publique par d'autres personnes, dont les personnes
en qui j'ai confiance et qui ont signé cette clef. Si mes amis
confirment que sa clef publique est la bonne, alors je peux lui
faire confiance et penser qu'il est bien la personne qu'il prétend
être.

Bien entendu, cette solution n'est pas parfaite. Comme
inconvénients, on peut citer le fait que cette solution impose que
chaque personne publie la liste des personnes en qui elle a
confiance. Je considère cette information comme relevant de ma vie
privée.

\subsection{CACert}
 CACert mise sur un réseau de bénévoles pour établir une web-of-trust permettant de certifier que telle personne est bien
qui elle prétend être. Chaque certification individuelle permet de
capitaliser des points qui permettent ensuite d'obtenir des certificats.
Ça fait beaucoup plus de monde à corrompre avant de faire un faux.

\end{multicols}

\newpage
\appendix
\section{Annexes}
\subsection{Exemple de certificat}
\label{fig:certificat}
\begin{alltt}
Certificate:
    Data:
        Version: 3 (0x2)
        Serial Number: 441565 (0x6bcdd)
        Signature Algorithm: sha1WithRSAEncryption
        Issuer: O=Root CA, OU=http://www.cacert.org, CN=CA Cert
              Signing Authority/emailAddress=support@cacert.org
        Validity
            Not Before: Apr 16 18:58:52 2009 GMT
            Not After : Apr 16 18:58:52 2011 GMT
        Subject: CN=*.no-log.org
        Subject Public Key Info:
            Public Key Algorithm: rsaEncryption
            RSA Public Key: (1024 bit)
                Modulus (1024 bit):
                    00:da:fa:6e:95:1a:ca:cd:b9:8c:08:79:d8:d4:1f:
                    8b:ca:df:29:6b:d3:6e:72:34:00:56:cd:fe:55:1d:
                    56:b3:3d:81:7f:3a:f2:63:c6:85:af:dd:0f:87:16:
                    a0:87:50:bc:6a:f7:19:5e:80:15:82:14:41:00:9c:
                    02:1b:b4:64:ec:a2:36:45:e1:5d:0e:e4:2b:0f:d3:
                    20:eb:28:9f:69:ad:e1:2c:12:6c:b8:30:db:b6:7e:
                    ae:26:e4:50:b4:95:8e:d2:26:d6:2a:b5:e8:e0:36:
                    57:6d:7c:0a:58:44:45:d2:77:5c:fd:f6:4f:cf:a7:
                    50:d4:f8:f3:88:47:24:89:8b
                Exponent: 65537 (0x10001)
        X509v3 extensions:
            X509v3 Basic Constraints: critical
                CA:FALSE
            X509v3 Extended Key Usage: 
                TLS Web Client Authentication, TLS Web Server Authentication, Netscape Server Gated Crypto, Microsoft Server Gated Crypto
            X509v3 Key Usage: 
                Digital Signature, Key Encipherment
            Authority Information Access: 
                OCSP - URI:http://ocsp.cacert.org/

            X509v3 Subject Alternative Name: 
                DNS:*.no-log.org, othername:<unsupported>
    Signature Algorithm: sha1WithRSAEncryption
        88:e7:6f:81:fe:e0:77:24:86:c3:cc:e8:b3:10:24:7d:32:4e:
        88:da:20:f9:1b:68:69:d0:8f:2f:1c:74:ad:5e:d0:c5:bb:81:
        8d:4d:a8:93:00:f6:ba:ef:04:ef:92:1b:2e:c5:11:7f:3d:dd:
        9e:ad:d9:86:1f:ce:05:9b:88:a9:bf:91:a1:d7:89:5b:5b:da:
        23:b0:ca:45:51:94:fa:4c:b4:79:08:91:cb:64:99:c2:b9:e0:
        ff:f8:0a:32:cc:12:9a:a0:ca:98:0a:3e:76:f6:03:b6:21:01:
        cf:6a:2d:6a:39:1e:c8:70:dc:39:f2:85:73:35:98:95:6b:73:
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        a1:75:63:b6:bc:a5:ec:83:20:68:91:10:87:e7:37:2e:10:d2:
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Les choses intéressantes à voir sont :
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\item \verb+Subject: CN=*.no-log.org+\\
Site auquel s'applique ce certificat.
\item \verb+Issuer: O=Root CA, OU=http://www.cacert.org, CN=CA Cert Signing Authority+\\
Autorité de certification : « CA Cert Signing Authority ».
\item \verb+Validity: Not Before: Apr 16 18:58:52 2009 GMT; Not After : Apr 16 18:58:52 2011 GMT+\\
Dates de validité
\item \verb+Signature Algorithm: sha1WithRSAEncryption+\\
Ce certificat est signé avec sha1 et un chiffrement RSA, et la clef suit.
\item \verb+RSA Public Key: (1024 bit)+\\
Clef publique du site
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\end{document}
